Linus Torvalds, créateur et responsable du développement du noyau Linux, a reconnu avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour corriger une erreur dans le cœur du système d'exploitation. Cet aveu intervient à un moment où l'écosystème open source ajuste son architecture pour accueillir le matériel de nouvelle génération : Intel vient de proposer Tissu DRMune infrastructure conçue pour gérer les connexions entre les GPU et les accélérateurs d'IA au sein même du noyau.
Bien qu'elles puissent sembler distinctes, elles sont liées par le même phénomène : l'industrie repense les centres de données pour l'intelligence artificielle, ce qui oblige les responsables du noyau à décider comment ils déboguer le code et de quelle infrastructure le système a besoin pour communiquer avec le nouveau silicium.
Torvalds remercie l'IA de l'avoir aidé à déboguer le noyau
Torvalds a admis qu'il fallait s'appuyer sur des outils d'intelligence artificielle pour corriger une erreur spécifique dans le noyau Linux, la couche logicielle qui gère directement le matériel de l'ordinateur et sur laquelle repose le reste du système d'exploitation. Le créateur du projet lui-même l'a ouvertement reconnu, même si pour l'instant aucun autre détail n'a été révélé sur l'outil utilisé ou la partie spécifique du code concernée.
Cette reconnaissance n'implique pas nécessairement un changement de cap dans le développement du noyau, où la révision du code incombe toujours en fin de compte aux responsables humains du projet. Les bogues du noyau affectent la couche la plus basse du système d'exploitation et nécessitent un niveau de précision qui a traditionnellement été résolu par un examen manuel entre des développeurs ayant des années d'expérience sur le projet. C'est pourquoi l'épisode est suivi de près au sein de la communauté Linux.
Intel propose DRM Fabric pour organiser les connexions entre GPU et accélérateurs
Quelques jours après et présentera ses correctifs UALink pour Linux, les ingénieurs d'Intel ont envoyé une proposition appelée DRM Fabric à la liste de diffusion dri-devel. Il s'agit d'une infrastructure conçue pour s'intégrer au sous-système Direct Rendering Manager du noyau et fournir une topologie commune, indépendante du protocole et du fabricant, pour gérer les interconnexions entre les GPU et les accélérateurs d'intelligence artificielle.
La proposition se présente sous la forme RFCun projet ouvert à la discussion avant de devenir le code final. Son apparition coïncide avec l’essor des datacenters orientés IA, où plusieurs accélérateurs ont besoin de communiquer entre eux et où chaque constructeur tendait, jusqu’à présent, à résoudre cette interconnexion avec ses propres solutions. Ce type de proposition nécessite généralement plusieurs cycles de développement avant d'être consolidé. Son évolution dépendra de la manière dont les mainteneurs du sous-système graphique recevront les premiers patchs envoyés à la liste de diffusion.
Comment le noyau organise la nouvelle topologie : structure, point de terminaison, port et homologue
Le document RFC, une proposition technique soumise au débat public avant de devenir le code final, décrit une hiérarchie basée sur quatre éléments : structure, point de terminaison, port et homologue. Une structure regroupe les points de terminaison qui appartiennent à la même instance d'interconnexion définie par chaque fabricant, tandis que les points de terminaison représentent les dispositifs accélérateurs eux-mêmes au sein de ce réseau.
Les ports stockent des informations sur la capacité, l'état opérationnel et les statistiques de chaque connexion, et les homologues identifient les connexions directes entre les accélérateurs ou les commutateurs, même lorsqu'ils échappent au contrôle direct du système d'exploitation. Le noyau, cependant, se limite à enregistrer les relations de contiguïté directes entre les périphériques : le routage, le transport des données, le contrôle de la congestion et les politiques de commutation resteront sous la responsabilité du pilote spécifique de chaque fournisseur, et non du noyau Linux générique. Cette séparation permet au système de connaître la topologie générale sans avoir à s'adapter à chaque implémentation matérielle spécifique.
Une base ouverte qui regarde déjà vers les futurs accélérateurs Intel
Intel propose DRM Fabric comme solution ouverte aux différents constructeurs, même si l'initiative vient de ses propres équipes d'ingénierie. Les développeurs reconnaissent avoir pris comme référence la mise en œuvre publique de AMDGPU xGMI concevoir une partie de l'API destinée aux fournisseurs.
FAQ sur le noyau Linux Torvalds IA Torvalds a reconnu qu'il devait s'appuyer sur des outils d'IA pour corriger une erreur spécifique dans le noyau Linux, bien qu'aucun autre détail n'ait été publié sur l'outil utilisé ou la partie du code affectée.
DRM Fabric est une proposition des ingénieurs Intel soumise sous forme de RFC à la liste de diffusion dri-devel. Il cherche à s'intégrer au sous-système DRM du noyau pour gérer de manière neutre les interconnexions entre les GPU et les accélérateurs d'IA.
Pas dans sa phase actuelle. Le noyau n'enregistrera que les relations de contiguïté directes ; le routage, le transport des données et le contrôle des congestions resteront sous la responsabilité du contrôleur de chaque constructeur.
Non. Il est en phase RFC, sans implémentations de production supportées par aucun fabricant, et son évolution dépendra de la réponse de la communauté des responsables du noyau.
Linus Torvalds a-t-il utilisé l'intelligence artificielle pour programmer Linux ?
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